>Armelle Gaydon


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On peut supposer qu’Armelle, en faisant des recherches sur Jacques Lacan et la poésie, a bien fait. Toutefois, si Gaydon place Rimbaud et Mallarmé au tout début de la poésie moderne (ou abstraite), elle semble oublier Edgar Allen Poe. Baudelaire, eh oui ce Charles là, l’ayant traduit, il a fort influencé Stéphane Mallarmé et quelque peu Rimbaud. Je ne m’oppose pas à ce que Gaydon, avec Lacan, situe le début de la poésie moderne en France. Mais il vaut mieux parler – et écrire – de poésie blanche, blanchie de toute référence au signifiant, créant de ses propres moyens, lalangue, un insignifiant criant de sa propre voix, murmurant de même, chantant aussi.
Voir: Lacan et la poésie, par Armelle Gaydon, mémoire écrit à l’université de Paris VIII, que l’on peut trouver à l’internet.

>Poésie blanche


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Née aux États-Unis sous la plume d’Edgar Allen Poe, Baudelaire traduisant celui-ci en français et l’important au continent européen, la poésie blanche a connu un cheminement sinueux en passant, en français, par Guillaume Apollinaire et Stéphane Mallarmé, pour aboutir à Du Bouchet, par Paul Célan – à Paris, en allemand – et par Paul Van Ostaijen – en néerlandais – pour aboutir à Hans Faverey et Marc Tiefenthal, ce dernier tant en néerlandais qu’en français. Aux États-UnisPeu connue du public, méconnue par les médias, la poésie blanche pourrait être considérée comme la seule tradition moderne en poésie, les autres étant souvent des mouvances néo. Les médias ont tendance à la classifier comme expérimentale, évitant tout travail de lecture, préférant le déplacement qu’ils confondent au voyage. À noter que seule la dernière période de l’œuvre de Paul Van Ostaijen se qualifie de poésie blanche. Deux règles d’or régissent cette reine marginale de la modernité en poésie:- Écrire, c’est biffer- De la musique avant toute choseLa première règle s’applique au préalable: le poète, pour écrire blanc, supprime toute réalité descriptive ou anecdotique. La poésie ne décrit pas, ni ne décrète, elle évoque. Elle évoque par la musique, c’est-à-dire par un jeu – métaphysique – de sonorité et de temps et contre-temps dans la construction des phrases, phrases devenant musicales de la sorte.
(Photo: Marc Tiefenthal et trio de jazz lors de la présentation de son dernier recueil le 6 janvier 2006)