>Il n’est pas question de régionaliser


>Mais de mondialiser, plutôt que de se créer une identité centrée au niveau du village. Quod non.
En effet, la folie de la journée est une tasse de thé que nous passons volontairement à d’autres.

S’agissant de la poésie, les accents sont en effet mondiaux plutôt que villageois. Même si le village Doel nous inspire, nous fait écrire, il ne s’agit pas d’un tel village mais de tous les villages qui soit ont disparu soit ont persisté, tel Ruigoord coincé entre les ports d’Amsterdam et d’Ymuiden.

Nous déplaçons les frontières, même si elles guettent partout.

Ah, je vous vois déjà qui pensez que quelqu’un se perde dans les abîmes de lalangue. Ah, peut-être vaut-il mieux réfléchir deux fois avant de se prononcer.
Tout cela s’est avéré le 11 février à Bruxelles, lors du démarrage de Brussel Slam, dans une petite salle au premier étage du café Monk. Ils étaient venu de Liège, de Gent, de Leuven et de la périphérie de Bruxelles. Nous avons entendu des poèmes en néerlandais, en français, en une langue qui parfois ressemblait à l’anglais. Nous avons même identifié du portugais. Et jeunes tous étaient jeunes si jeunes que ceux qui comptent plus d’années que la moyenne , du coup ont subi une cure de rajeunissement.

Bien que le titre – Brussel Slam – aurait tendance à faire tourner les nez dans le sens d’un concours, eh bien non. Les organisateurs n’ont d’autre ambition que de donner un podium sans micro à deux invités, qui disposent de dix minutes chacun, pour ensuite ouvrir le podium, toujours sans micro, aux poètes venus de tous les vents, leur donnant le droit de parler pendant trois minutes. Une minuterie sonne durement. Après la pause, les invités reviennent pendant encore cinq minutes chacun.

Et il s’est avéré que ça marche, oui, ça marche, yes we can, etc. Et il s’est avéré que la poésie ne se cache pas dans une langue ou dans un dialecte mais se trouve dans lalangue pour s’exprimer en en sortant.

>Des choses épouvantables se passent dans la rue et à la foire des livres


>
Tout ce qu’on voit dans la rue!
La crise financière touche l’économie réelle. À Bruxelles, dans la rue, une fourgonnette passait qui affichait que le patron de l’entreprise, de ses propres mains toutes propres, vient nettoyer vos carreaux. Sans doute a-t-il été obligé de licencier son personnel.

Pour autant qu’un autocar à six roues et long comme une semi-remorque puisse prendre son virage à toute vitesse, à Bruxelles deux de cette espèce viraient de la sorte dans la direction de la rue des Colonies. En Egypte, ils foncent encore plus. Rien d’inquiétant, si ce n’est que les autocars concernés et dont question portaient le nom De Ras. La race? Non, mais, en néerlandais, ras est neutre : het ras! Le race, quoi? Quelque chose d’impur court les rues. Soit, en arabe, ras signifie la tête. Mais alors et encore, het hoofd, ce serait het ras. Autant écrire ‘l ras, el ras ou al ras.

C’était le matin à Bruxelles. À midi, la circulation était bloquée comme jamais avant. Quelqu’un aurait-il perdu la tête au volant, perdant du coup le contrôle du véhicule?

Ce qu’il ne faut pas faire au volant, encore moins à de pareils instants, c’est de téléphoner en tenant son mobile en main. Voyons, à de pareils moments, il y a plein de véhicules de la police qui essayent à leur tour de circuler, sans espoir … et vous voilà vu gsm en main!

Mais les enfoirés que l’on voit à la foire des livres …..
Ils font de longues queues devant les livres de cuisine. Quoi, alors que la cuisine est un art que l’on apprend de façon intuitive, le plus souvent de mère en fille! Hélas, le philosophe allemand Georges Hegel a mis ses doigts dans la casserole moyennant un sous-produit de son esprit, le féminisme et depuis, la sauce ne prend plus. La recette non plus. Et voilà ce que l’on voit qu’à la foire des livres : un enfoiré que beaucoup de gens ont vu défiler à la télé, cette éternelle source de tristesse et de bêtise humaines quotidiennes a été invité par quelqu’un qui se prend pour un éditeur, afin d’écrire, disons : faire écrire un livre de cuisine, sans s’y connaître bien sûr, l’auteur fantôme s’en occupera (on vient de nous signaler le passage d’un auteur nègre à la hauteur du stand 315. ) et, ô comble, ensuite cet enfoiré figure dans un programme de cuisine à la télé.

D’ailleurs, ces éditeurs s’en fichent pas mal que les gens, qui achètent le livre, le lisent, voire se mettent à cuisiner. C’est connu. Nous sommes tous des connards, pas de cuisiniers d’un consommé mais des consommateurs bêtement.
Tout a commencé par celui de l’actuel gouverneur de la province du Limbourg, Steve Stevaert. Au moins, celui-là a le diplôme (diplôme nécessaire, quelques expériences peuvent constituer un surplus).
Les éditeurs se frottent les mains, pas au tablier bien sûr.

En tout cas, la foire en est pleine, tous des enfoirés qui ont publié un livre de recettes de cuisine. Ils signent ce livre, y ajoutant un message personnel pour le con qui l’achète. Voici au moins qu’ils écrivent.

En voilà un qui se rendait aux toilettes lorsque j’y passais. Il n’était nullement pressé. « Non, je veux seulement quelques minutes de calme », s’exprime-t-il. « Et comment te sens-tu, l’auteur qui ne sait pas écrire? » « Eh bien, à vrai dire, cela se sent surtout dans le porte-monnaie ». On n’est pas allés plus loin, les portes des toilettes l’appelaient.

>Enfin les pavés ont bien voulu éditer nos poèmes


>

Au moins les pavés veulent bien éditer nos poèmes

Le Vésuve, oui ça
me dit me disant:
jette-toi dans mon feu.

Ma peau brûlante
se fait brûler et se consomme,
garde-t-elle le désir?

Ou bien entre-t-elle
dans la paix éternelle
du Vésuve?

Enfin, la pluie a arrêté de tomber et les premiers poèmes en craie ont été écrits à Bruxelles.

Voir aussi à chalkpoetry, lien repris dans la liste du présent blog.

>Pris en vitesse par l’obturateur rapide


>

Nous avançons lentement,
jusqu’à ce que la vue s’ouvre.
Il nous a fallu attendre longtemps,
deux minutes, un mois ou,
qui sait, deux ans.

D’abord nous voyons un homme
de taille importante
portant une pleine barbe.
Bruxelles, voilà Karl.

C’est là que commence l’attente,
jusqu’à ce que, en premier lieu,
la barbe tombe. Puis, l’homme
se rétrécit, pas longtemps,
et en voilà trois.

Lequel est Groucho
et où sommes-nous?